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La renaissance du Palais de Justice

28 août 2026

Le Palais de Justice sort enfin des ses échafaudages.

 

Grâce notamment à l’opiniâtreté de la Fondation Poelaert et du Quartier des Arts, le Palais de justice de Bruxelles réapparaît dans le paysage Bruxellois. On observe depuis quelques semaines le retrait des échafaudages qui enlaidissent le bâtiment depuis plusieurs décennies. Mais le retour de la mise en valeur de la façade du Palais se manifeste aussi par des dizaines d’autres éléments moins immédiatement visibles, touchant bien entendu d’abord à la place de la Justice et de ses institutions au sein de ce Palais, ainsi qu’à diverses initiatives d’ordre architectural, sécuritaire, artistique, etc. Certaines sont achevées, d’autres sont en cours de projets.

Fondation Poelaert fait bouger les lignes

Lorsque la Fondation Poelaert a été créée en 2011, le palais de Justice de Bruxelles avait toutes les apparences d’un endroit oublié et d’un lieu de désolation : un sarcophage permanent d’échafaudages, des cascades d’eau qui déferlaient à l’intérieur, des plafonds qui s’écroulaient dans les salles d’audience et les greffes, des graffitis qui polluaient les palissades, des arbres qui poussaient sur les façades en décelant les pierres…

Ce n’était pas l’image que les citoyens voulaient laisser de ce palais bruxellois, symbole de la justice belge et carte de visite de notre Etat de droit.

Grace à un travail incessant de réflexion et de lobbying pendant plusieurs années, la Fondation Poelaert est parvenue à faire bouger les lignes et faire passer les autorités d’une attitude béatement passive à une ambition entrepreneuriale et active.

 Des études déterminantes

Avec le concours du Quartier des Arts, six études ont été réalisées de 2020 à 2023. Elles ont été remises aux autorités le 30 mai 2023 :

  • une étude historique du bâtiment et de son environnement,
  • une étude architecturale contenant des idées et des propositions pour un nouvel aménagement de l’intérieur,
  • la récolte, la centralisation et la numérisation des plans successifs du palais depuis sa construction en 1866 jusqu’à aujourd’hui,
  • deux études sur l’état actuel de la place Poelaert et des suggestions qui pourraient l’améliorer,
  • une étude sur les rampes du palais en vue de prévoir un meilleur aménagement permettant de relier le haut et le bas de la ville.

Travaux de restauration

Les travaux de restauration des façades ont été lancés en 2023. Non seulement les pierres des façades ont été restaurées (15 % ont été remplacées), mais également la menuiserie extérieure et le vestibule avec sa colonnade. Un éclairage adéquat et moderne y a été intégré. La cour d’honneur (parvis) est également réaménagée et ceinte d’une grille conforme au modèle historique. L’escalier d’honneur et les vasques de l’entrée ont été restaurées. Des plantes y seront replantées à l’identique.

La scanstreet permettant l’entrée des visiteurs sera réaménagée avec un accès spécifique destiné aux personnes à mobilité réduite. La porte de bronze sera réouverte en journée pour permettre l’apport de lumière au travers des portes intérieures vitrées d’époque. La salle solennelle de la Cour de cassation fermée pendant les travaux a été nettoyée. L’éclairage de la Salle de pas perdus a été revu.

Et maintenant?

Restauration de la coupole

La prochaine étape vise la restauration de la coupole, de son tambour et la colonnade carrée qui lui sert de base. Un permis a été introduit. Ce chantier est vaste.

Cet ensemble est en plus mauvais état que la façade principale, en raison de son exposition plus grande aux éléments.

Ce projet comporte aussi une partie intérieure vitrée, en surplomb de la salle des pas perdus. L’éclairage du pourtour de la coupole et du clocheton devrait être restauré.

Ces travaux débuteront en 2027. Des échafaudages seront placés pendant les travaux, ainsi que dans les cours intérieures aux fins d’études des façades concernées.

Les autres façades...

Par la suite, les façades Laines et Wynants et une partie des cours intérieures seront rénovées à partir de 2029. Le choix de cette façade a été jugé prioritaire en raison de son état de vétusté et des risques de chutes de pierres à un endroit où sont situées les entrées du personnel.

Les façades Minimes, les rampes et une partie des cours intérieures sont prévues jusqu’en 2033.

Les travaux à ces autres façades devaient être réalisés à l’aide de nacelles et d’élévateurs et plus à l’intermédiaire d’échafaudages.

Et l'intérieur?...

Plusieurs initiatives diverses ont par ailleurs été prises ces derniers mois :

  • le renouvellement de la signalisation intérieure,
  • la remise en état du bloc cellulaire,
  • le réaménagement de 14 bureaux de magistrats de la Cour de cassation et de la Cour d’appel au 4ème étage,
  • l’évacuation d’une partie des archives en dehors du bâtiment,
  • la mise en sécurité du bâtiment dans le cadre de la prévention contre l’incendie.

Un travail de réflexion important a été lancé sur le programme des besoins des salles d’audience et sur la justice de demain : centralisation des centres du savoir, place des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle, lieu ad-hoc pour les modes alternatifs de règlement de conflits, organisation d’événements non-judiciaires au sein du palais, retour des actes de société situés à Forest…

Depuis 2016, l’affectation future du bâtiment est connue.

L’idée est de réserver le bâtiment exclusivement à des fonctions judiciaires en y regroupant le maximum de services liés à la justice. Cela permettra de réduire le coût des loyers des immeubles loués par les SPF Justice aux alentours de la place Poelaert. Devraient se situer au sein du bâtiment principal : la Cour de cassation, la Cour d’appel, la section pénale du Tribunal de première instance, le Tribunal de police, deux justices de paix, le barreau, l’aide juridique… Toutes ces juridictions ne devraient pas être exclusives de projets culturels : visites guidées, accès touristique à la coupole, expositions ou représentations théâtrales… Une réflexion doit être menée à ce sujet pour concilier les points de vue de chacun.

Toutes ces initiatives citoyennes ont été faites en parfaite collaboration avec la Régie des bâtiments, le SPF Justice, la Région Bruxelles-Capitale, la Ville de Bruxelles, la Commission Royale des sites et monuments, la magistrature et le barreau de Bruxelles.

 

Il y a tout lieu de se réjouir de cette renaissance du palais de justice, inauguré il y a près d’un siècle et demi et qui ne peut qu’aider à redonner confiance à la justice.